Le week-end du 9 au 11 octobre n'avait pas de fil conducteur comme celui de la Marche des Fiertés, une semaine plus tôt. C'était un week-end ordinaire de la rentrée, et c'est ce qui le rend intéressant : 132 soirées dans la zone Paris d'après l'agenda NiteMap, dont 55 le vendredi et 61 le samedi. Mais quand on a cherché, dès dimanche, les photos que les lieux publiaient de ces nuits-là, celles qui montraient vraiment ce week-end venaient presque toutes de l'extérieur du périphérique.
Trois adresses, trois façons de sortir. Un bar à Morangis, dans l'Essonne, où l'on danse le vendredi. Une salle de concert à Massy. Un club de Brie-Comte-Robert, en Seine-et-Marne, qui mise sur le spectacle. Aucune ne se raconte comme les clubs parisiens, et toutes ont publié l'album de leur soirée dans les trois jours.
L'Indus, « une salle pleine » un vendredi
Bar dansant · 9 Av. Ferdinand de Lesseps, Morangis
Dimanche midi, L'Indus a posté son carrousel avec une légende qui fait le travail d'un compte rendu : « Vendredi à L'Indus, c'était comme ça ». DJ Haykx aux platines, « une salle pleine », et une invitation à se retrouver sur les photos et à y identifier ses amis. Sur les images, des lumières roses et violettes, des bras levés, des sourires face à l'objectif. Rien de mis en scène : ce sont les photos de groupe d'une soirée où l'on vient entre amis.
Le lendemain, samedi, le bar enchaînait avec La Machine de L'Indus, que notre agenda donnait gratuite. Le lieu renvoie vers Shotgun pour ses prochaines soirées et pour le coupe-file.
Paul B, le rap en première partie
Lieu événementiel / warehouse · 6 Allée de Québec, Massy
À Massy, Paul B est une salle de concert, pas un club, et la soirée y commence tôt. Vendredi 9 octobre, l'affiche réunissait 2L en première partie et Costa en tête d'affiche, portes à 19 h 45, concert à 20 h 30, d'après l'annonce de la soirée (23 €). Lundi, la salle a publié une série titrée « 2L en concert à Paul B Massy » : un micro tenu à deux mains dans un contre-jour bleu, un violon électrique, une silhouette seule face au public sous des projecteurs orangés.
La légende ne donne pas de date. Notre agenda n'a qu'un passage de 2L à Paul B, ce vendredi-là. Et la salle n'a pas fermé le samedi : Lilly Wood and the Prick y jouait le 10 octobre, à 27 €.
Le SE7EN, le club comme un spectacle
Club / boîte de nuit · 1 Rue de l'Industrie, Brie-Comte-Robert
À Brie-Comte-Robert, le SE7EN a publié lundi l'album de son samedi soir. Il y remercie l'influenceuse Lauren Cruz, que le club présente comme « l'une des plus grandes influenceuses françaises », d'être « passée faire la fête » avec lui. Les photos, elles, montrent surtout le public : des groupes d'amies qui posent en robe noire devant un mur sombre, une danseuse en cuissardes au milieu de la piste, et le logo du club au bas de chaque image.
Le SE7EN se vend comme un spectacle plus que comme une programmation. Le prochain rendez-vous est la Big Crazy Night du samedi 17 octobre, avec « robot LED », pyrotechnie, canons à CO₂ et lasers, DJ Ronny Ross aux platines, et une sélection musicale qui va du reggaeton au shatta en passant par l'afro et le hip-hop. Une « tenue chic » est exigée.
Glazart, la plage au petit matin
Beach club · 7 Av. de la Prte de la Villette, Paris 19ᵉ
Dans Paris, l'exception vient de Glazart, porte de la Villette. Lundi, le lieu a publié trois photos prises de jour sur sa plage : du sable, des transats, un danseur accroché à une structure métallique. La légende ne dit pas de quel jour elles datent (« Bonne semaine tout le monde et rendez-vous ce weekend »). Mais elles montrent le format qui tenait ce week-end-là les matinées du samedi et du dimanche : After O'Clock × La Plage, ouvert dès 6 h du matin, sur deux dancefloors, l'un à l'intérieur, l'autre sur le sable, jusqu'au milieu de l'après-midi. Samedi, Lullaby et Étienne Noguès étaient aux platines, pour 9,50 €.
Ce qu'on retient
Premier constat : la banlieue raconte ses nuits plus vite que Paris. L'Indus et le SE7EN ont publié leurs photos moins de deux jours après la soirée, Paul B trois jours après. Au même moment, les clubs parisiens publiaient… le week-end précédent : Virage a posté dimanche ses images de la Dyke For Pride du 3 octobre (racontée dans notre récit du week-end des Fiertés), puis lundi une nuit vieille de « deux semaines », et la Rotonde Stalingrad a ouvert son album par « Déjà une semaine… ».
Deuxième constat, plus gênant pour nous : deux des trois soirées de ce récit n'étaient pas dans notre agenda. Ni le vendredi de L'Indus ni le samedi du SE7EN n'y figuraient, et l'agenda ne comptait que 13 soirées hors de Paris intra-muros sur 132. Pour savoir ce qui se passe hors de Paris, il faut encore suivre les comptes des lieux eux-mêmes.
Dernier constat, la banlieue ne sort pas comme Paris. Là où la nuit parisienne se joue autour des collectifs, ces trois lieux parlent en leur nom propre : un DJ, une tête d'affiche, un show. Et leurs photos montrent d'abord le public, les amies qui posent, les bras levés, plus que la cabine.